Ce blog rassemble des informations et des réflexions sur l'avenir qui nous attend.

This blog presents informations and views about the future.

samedi 26 février 2011

La croissance de la complexité

Image d'un ensemble fractal de Mandelbr
      1)  Dans l’ouvrage « L’avenir en question », la croissance de la complexité dont il est question, concerne le système technico-économique. Cette complexité est définie comme la taille minimale d'un programme permettant de générer le système sur une machine de Turing universelle. Elle représente donc la quantité minimale d'information nécessaire pour construire ce système..

Cette information est archivée et transmise d’une génération à la génération suivante. Elle ne peut que croître par un effet cumulatif. Sa croissance s’est accélérée au cours des récentes années, en raison de l’explosion du numérique. Elle peut être estimée à environ 10 21 octets, soit encore environ 10 22 bits (1 octet = 8 bits).
Cette complexité peut continuer à croître à un rythme accéléré, à condition que cette croissance soit découplée d’une croissance de la consommation en ressources naturelles.

        2)    Le système technico-économique est un système « physique » qui interfère avec l’environnement. Il est donc essentiel que son évolution puisse tendre vers une symbiose avec l’environnement.  Les moyens pour y parvenir sont décrits dans l’ouvrage « L’avenir en question ».

        3)  Le système technico-économique est perçu à un niveau personnel à travers un mode de représentation (paradigme, worldview).
Le mode de représentation peut être aussi considéré comme un système. Il diffère d’un individu à un autre, mais présente des caractéristiques collectives communes, qui définissent une « civilisation ». Un mode de représentation doit toutefois pouvoir être perçu comme un tout cohérent à l’échelle d’un individu et sa complexité est donc limitée par la complexité maximale qu’un cerveau humain est capable de traiter. La capacité de stockage d’informations d’un cerveau humain est de l’ordre de 1015 bits. Elle est donc très inférieure à la complexité du système technico-économique dans son ensemble.

      4)  L’écart entre la complexité du système technico-économique et la complexité du mode de représentation assimilable par un cerveau humain tend à grandir. Ce phénomène n’est pas nouveau. Il est seulement en train de s’amplifier. En outre, alors que l’évolution du système technico-économique s’accélère, le soubassement culturel du mode de représentation n’évolue que lentement, comment l’avait déjà montré Fernand Braudel. Ainsi, le mode de représentation des grandes religions n’évolue que peu au cours des siècles.

     5) Cet écart ne signifie pas que le système technico-économique va devenir nécessairement ingérable. Au contraire une plus grande complexité de fonctionnement peut aboutir à une plus grande simplicité d’utilisation. Par exemple, il est plus simple d’utiliser un appareil automatique, qu’un appareil qui ne l’est pas, alors que l’appareil devient plus complexe. Néanmoins cet écart entraîne un certain nombre de difficultés et de risques. Il semble incompatible avec une politique de « laissez-faire » et demande des procédures de contrôle de plus en plus en plus élaborées. Heureusement, ces procédures peuvent être elles-mêmes confiées pour une très large part à des machines.

        6)   En définitive, les 7 milliards habitants de la Terre, et leurs moyens techniques se comportent de plus en plus comme un être collectif, dont la complexité est de plus en plus gérée à ce niveau collectif. Une telle évolution pose de nombreux problèmes, comme celui de savoir qui gouverne cette évolution. En fait cette évolution est pour une très large part « auto-organisée », ce qui rend d’autant plus nécessaire l’introduction d’un ensemble de règles et de critères de guidage, pour éviter des dérives dangereuses.

     7) La « représentation du monde » est en correspondance bijective avec le système technico-économique. Son contenu intellectuel est toutefois également relié aux dimensions émotionnelles et spirituelles (conscience) de la personne humaine, dont dépendent les valeurs éthiques .


Quelques références :

Définition de la complexité :

Jean-Paul Delahaye, « Complexités- Aux limites des mathématiques et de l’informatique », Belin- Pour la science, 2006
Melanie Mitchell, « Complexity – A Guided Tour », Oxford University Press, 2009
Herbert Simon, “The Architecture of Complexity”, Proceedings of the American Philosophical Society, Vol. 106, No 6. (Dec. 12, 1962), pp. 467-482.
Hervé P. Zwirn, “Les systèmes complexes- Mathématiques et biologie”, Odile Jacob, 2006

Utilisation du concept de complexité pour analyser le fonctionnement des sociétés

Yaneer Bar Yam, “Making things work- Solving complex problems in a complex world”, NECSI, Knowledge Press, 2004
Yaneer Bar Yam, “A Mathematical Theory of Strong Emergence Using Multiscale Variety, 2004,
Yaneer Bar Yam, « Complexity rising: from human beings to human civilization, a complexity profile », www.necsi.edu/projects/yaneer/Civilization.html
Mitchell Waldrop, “Complexity – The emerging science at the edge of order and chaos”, Simon and Schuster, 1992

Complexité et économie:

Eric D.Beinhocker, “The origin of wealth - Evolution, Complexity, and the Radical Remaking of Economics”, Harvard Business School Press, 2006
Arthur Brian, Durlauf Steven, Lane David, « Introduction Process and Emergence in the Economy », The Economy as an Evolving Complex System II, Reading, Mass., Addison-Wesley, 1997

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire