Ce blog rassemble des informations et des réflexions sur l'avenir qui nous attend.

This blog presents informations and views about the future.

dimanche 24 novembre 2013

L'accord sur le Climat de Varsovie / The agreement at the Varsaw Climate Conference


Climate Conferences seem to follow a similar sequence each time. At Copenhagen, Durban and Varsaw, failure invariably followed promises. Nobody really expected a positive outcome from the Varsaw Conference, due to Poland dependence on coal. Is it the reason why it was held there? It was quickly confirmed, resulting in the departure of many participants. Rather surprizingly though, a final agreement has been reached at the Conference. But, now, we know what means an "agreement": a simple common declaration, which after long discussions, becomes almost useless. Of course, it is still possible to hope a better result at the following meetings and to reach a "real" agreement in Paris, in 2015. But, as the same causes should produce the same effects, there is no reason why a major shift should occur. Therefore, it seems legitimate to wonder if we have to consider the "agreement" which has been reached as good news.

Les Conférences sur le Climat se suivent et se répètent avec des résultats très similaires. Copenhague, Durban, Varsovie, une suite d'échecs. A chaque fois, il est dit et répété que la prochaine réunion sera la bonne. A Varsovie, on ne pouvait guère espérer de progrès décisifs, compte-tenu de l'importance que le maintien du charbon revêt pour la Pologne. Est-ce la raison pour laquelle ce lieu avait été choisi pour la dernière Conférence sur le Climat? De nombreux participants s'en sont rendus compte et ont décidé de quitter la réunion avant la fin. Pourtant, on est parvenu "in extremis", nous dit-on à un accord, ce qui peut paraître surprenant. En fait, on sait maintenant ce que signifie "parvenir à un accord": cela consiste simplement à signer ensemble une "déclaration commune", que de longues tractations visent de tout contenu, en remplaçant notamment le terme d'"engagements" par celui de "contributions". On espère à présent que la Conférence de Paris en 2015 permettra d'aboutir à des résultats concrets. Pourtant, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne voit pas comment éviter le scénario habituel: l'Union Européenne seule à prendre des engagements, les pays émergents refusant toute obligation et les autres pays industrialisés en tirant argument pour ne pas prendre non plus d'engagements. Dans ce contexte, plutôt qu'un accord de façade, on peut se demander s'il ne vaudrait mieux afficher un franc désaccord.

samedi 16 novembre 2013

Champs morphogénétiques et magie/ Morphogenetic fields and magic thinking















The last book of Rupert Sheldrake "The science delusion" starts with a good introduction about the limits of science. Unfortunately, very soon it presents rather surprising views, which seem difficult to conciliate with science. He supports the idea that human beings might spend years without any food, by using a mysterious "prana". In his view, memory is not a result of the brain activity, but results from a connection with the events of the past, through space and time. For him, life relies upon a "resonance with a morphogenetic field". The nature of this field is never explained, nor the way "resonance" occurs. Therefore, such interpretations are very similar to the old magical thinking: a magic formula might act through such a "resonance with a morphogenetic field". It shows that magic thinking keeps a strong appeal for human imagination.
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Le dernier ouvrage du biologiste anglais Rupert Sheldrake, publié en anglais sous le titre "Réenchanter la science", est un curieux mélange ainsi d'ailleurs que l'ensemble de l'œuvre de l'auteur. Celui-ci se présente comme un scientifique, dont la philosophie de la science semble à bien des égards ouverte et séduisante. Aussi, est-on surpris quand on lit les points de vue qu'il expose. Pour prendre un simple exemple, l'observation qui a été faite d'une mystérieuse énergie noire agissant dans l'univers, est utilisée pour justifier l'idée que certaines personnes puissent se passer de nourriture pendant des années, alors qu'il n'existe aucun élément pour soutenir une position aussi aberrante.  La respiration d'un être humain n'étant pas censée s'arrêter, il doit rejeter du dioxyde de carbone en permanence, ce qui suppose un apport de carbone à l'organisme (ou la consommation d'un stock limité dans les graisses). Pour l'ensemble des phénomènes liés au vivant, l'explication de Rupert Sheldrake se ramène constamment à une "résonance du champ morphogénétique".

jeudi 14 novembre 2013

La e-reputation / Internet reputation

The reputation and status of a company or individual is more and more related to the messages present on Internet and social networks, as Internet opens an access to a huge audience. This reputation can be positive or negative, with a potentially disastrous  impact, as most messages  remain present during many years. Internet modifies also the relationship between the provider and the consumer of a service, who acquires a strong power through the jugment he or she can emit about the company, the service or even the individual, as it can be observed in the area of tourism. The management of the Internet reputation requires therefore specific management tools. This area which is in rapid expansion presently, is presented in different recently published books, among which,  in French: "Le Web social et la e-reputation" by Gil Adamy and in English: "Internet reputation management for businesses" by Guillermo "William" Rivas.

La réputation ainsi que la notoriété d'une entreprise ou d'un individu sont de plus en plus liées aux messages véhiculés sur Internet ainsi que les réseaux sociaux.  Internet ouvre en effet à chacun un accès très large à un très vaste public international, qui peut ainsi se faire une opinion sur un produit ou une personne. Cette réputation peut être positive et contribuer ainsi à assurer le succès de l'entreprise ou de l'individu, mais elle peut être aussi négative, avec des conséquences d'autant plus désastreuses que les messages diffusés par Internet peuvent rester en place pendant des années. On sait à quel point une gestion imprudente de son image sur les réseaux sociaux peut compromettre une carrière. En outre, Internet modifie les relations entre le fournisseur d'un service et celui qui était naguère un consommateur passif, mais dont le pouvoir d'influence s'étend à travers les avis qu'il peut afficher, comme on l'observe notamment dans le secteur du tourisme. De ce fait, la gestion de l'e-réputation sur Internet et les réseaux nécessite de plus en plus des moyens de gestion spécifiques. Ce domaine en plein essor a fait l'objet de différents ouvrages, parmi lesquels on peut notamment signaler l'ouvrage de Gil Adamy: "Le Web social et la e-réputation" ou en anglais: "Internet reputation management for businesses" by Guillermo "William" Rivas.

lundi 11 novembre 2013

La divergence des visions du monde / Diverging worldviews

The present world vision crisis is due not so much to a lack of vision but rather to the incompatibility between the main existing worldviews. Worldviews can be schematically represented in a diagram refering to the growth of complexity and public interest as coordinates. Complexity grows permanently as a result of the scientific and technical progress. Such an evolution is rejected by worldviews, which promote ideology as the way to govern social life. Public interest is always taken for granted, but is totally absent from the rules which govern the global economy. Therefore, the sustainable development worlview which seeks to conciliate complexity with public interest is incompatible with globalization as it is presently organized. As most decisions are dictated by the economy, it becomes impossible to implement the sustainable development agenda. It becomes therefore essential to build a coherent worldview integrating all the economic but also cultural, social and environmental, which might provide an adequate framework for future décisions at the worldwide level

La crise de la vision du monde actuelle est liée, non pas tant à l'absence de toute vision, mais à l'incohérence et même à l'incompatibilité des principales visions actuelles. Ces visions du monde peuvent être schématiquement représentées dans un diagramme faisant apparaître la façon dont elles se positionnent par rapport à la croissance de la complexité d'une part et à l'intérêt général d'autre part. La complexité dans l'organisation de la société croît principalement en raison des progrès de la science et de la technologie. Cette évolution rapide n'est pas acceptée par tous. Elle est rejetée par les partisans de la décroissance et d'un retour à une vie plus lente et plus simple. Elle est également rejetée par les idéologies et les intégrismes qui se réfèrent à des principes schématiques devant prévaloir sur la réalité.  L'intérêt général, par opposition à la recherche du profit individuel, est souvent mis en avant, mais il est en fait totalement absent de la vision actuelle de la globalisation, conçue selon les règles neolibérales ainsi que du capitalisme cognitif, qui vise à exploiter au mieux les nouvelles technologies de l'information pour maximiser le profit réalisé.

samedi 9 novembre 2013

Notoriété et quête de sens / Status and search for meaning

In his book, "the fear of insignificance", the psychoanalist  Carlo Stenger analyses the mutations of self consciousness in our society. Parallel to Stock exchanges, the value of each person in terms of celebrity and fame is now permanently rated through Internet. The permanent recommendation to "just do it" gives the illusion that everybody can get an easy access to such a status. Carlo Stenger considers that this need for celebrity results from an existentiel unease,  facing death and human condition. He advises to invest time in developing a personal worldview and advocates for a "non zero sum principle", showing that it is possible to avoid violent confrontations and instead promote a diversity of opinions, resulting in a further progress for humanity.

Dans son dernier ouvrage, "La peur de l'insignifiance",  le psychanalyste Carlo Stenger analyse  les mutations de la condition du Moi dans la société moderne. La préface de Pascal Bruckner résume assez bien les principales idées de l'ouvrage.  A côté et parallèlement au monde de la finance, s'est installée une "Bourse du Moi", qui affiche constamment la notoriété des individus. Ceux-ci peuvent subitement se retrouver sous les projecteurs ou au contraire plonger dans l'obscurité. De la même façon que la richesse peut être évaluée selon la valeur du capital détenu, la notoriété se mesure à présent en fonction du nombre de citations sur Internet  du nombre d'amis sur Facebook et il existe même des indices de notoriété, qui calculent automatiquement un "niveau d'influence", à partir de l'ensemble des informations recueillies sur Internet. Cette évolution est évidemment pernicieuse, car elle fait passer l'apparence avant la réalité, la forme avant le fond.  Réflexion et spiritualité disparaissent sous l'abondance et la pacotille. Le phénomène est aggravé, comme le montre Carlo Stenger par la culture du "Just do it", qui donne à chacun l'impression "qu'il n'y qu'à". De nombreuses personnalités du monde des medias semblent n'être que des personnes tout à fait ordinaires, ce qui peut donner l'impression qu'il suffit de peu de choses pour accéder à la même notoriété.  Carlo Stenger note très justement que ce besoin de notoriété répond à une angoisse existentielle face au caractère éphémère de l'existence humaine. En définitive, la poursuite de la notoriété apparaît comme une illusion, voire comme une aliénation. Comment en sortir? Carlo Stenger préconise de développer sa propre vision du monde, en la faisant cohabiter avec d'autres. A travers le "principe de la somme non nulle" il affiche la conviction que c'est là le meilleur moyen de faire progresser l'humanité.

jeudi 31 octobre 2013

Vicariance

The neurophysiologist Alain Berthoz has written a new book about "vicariance". Vicariance designates the way any living being can replace a mechanism by an alternative one, for achieving a better adaptation to its environment. For instance,  a region of the brain which is damaged can be replaced by an other (vicariant ) region. Such a process is very general and Jean-Pierre Aubin has already shown that the evolution of most system is governed by vicariant regulation modes. Alain Berthoz shows that vicariance is an essential property of life. It represents one of the main means used by nature for being creative. In the case of human beings, the vicariance concept can be extended to mental processes and to the virtual worlds created by the human mind. It behaves then as a marvelous creativity booster, at least if these virtual worlds can coexist without any violent struggle for domination.

Le nouvel ouvrage du neurophysiologiste Alain Berthoz est consacré au concept de vicariance (terme dont la racine latine vicarius signifie un remplaçant, d'où le terme de "vicaire"). La vicariance désigne la façon dont un organisme peut substituer un mécanisme à un autre pour s'adapter à l'environnement. C'est ainsi qu'en cas de lésion cérébrale, le cerveau, grâce à sa plasticité, peut faire appel à d'autres zones pour remplir ses fonctions.Ce processus est très général. Analysant la viabilité des systèmes, Jean-Pierre Aubin a montré que de manière très générale, ils sont pilotés par des mécanismes de régulation vicariants. Alain Berthoz montre que la vicariance est une propriété essentielle du vivant. Elle représente un des principaux moyens pour la nature de faire preuve d'une créativité incessante. Dans le cas des êtres humains, cette vicariance s'étend aux processus mentaux et aux mondes virtuels que crée le cerveau humain. Elle représente alors un fabuleux moteur de créativité, à condition, bien sûr que ces différents mondes "vicariants" puissent coopérer, sans s'affronter.

mardi 29 octobre 2013

Gravity


The film produced by Alfonso Cuaron is to a large extent outstanding. It brings us into a universe completely different from ours, where gravity does not exists any more and in which all our  usual landmarks are abolished. Still, it gives the impression of being a documentary fiction or a disaster movie and not the master-piece, it might have been. The inspiration which can be found in the films by Kubrick, Tarkovsky or Malick is absent here. The infinite space is only a hostile  nothingness from which to escape. The Earth itself provides a material support but it is void from any soul.

Le film produit par Alfonso Cuaron est incontestablement un film qui sort de l'ordinaire. Il a le mérite de nous entraîner dans un univers spatial, radicalement différent du notre, où la gravité n'existe plus et dans lequel tous nos repères habituels sont abolis, l'usage de la 3D renforçant l'impression de se retrouver plongé dans un univers inconnu.  Pourtant en sortant de ce spectacle, on a l'impression d'avoir assisté à un documentaire-fiction ou à un film catastrophe et le réalisateur semble être passé à côté de ce qui aurait pu être un chef-d’œuvre. On n'y trouve ni le souffle ni l'inspiration des films de Kubrick, Tarkovsky ou de Terrence Malick. L'espace infini n'est qu'un néant hostile, dont on souhaite s'évader au plus vite.  La Terre elle-même n'est plus qu'un support matériel. L'âme en est absente.